Une nuit très morale

Une petite ville au fin fond de la Hongrie, tout à fait au début du siècle. Voici la maison à la lanterne rouge, une maison close où, sous la surveillance d’une maîtresse indulgente, les demoiselles mènent une existence familiale. Un jour elles décident d’offrir l’hospitalité à un étudiant pauvre, joli garçon, sympathique et tendrement aimé. Tout se passerait pour le mieux si la mère de l’étudiant ne débarquait de sa province pour rendre visite à son fils… Le film représentait, joliment, la Hongrie au Festival de Cannes cette année-là. Il est dû à un vieux routier, Karoly Makk qui sait ménager ses effets. Il aime le cinéma dans lequel le spectateur puisse rire et pleurer. Et cette histoire d’intellectuel malheureux, de filles perdues et de maman naïve ne soupçonnant rien, peut faire l’objet, en effet, de plusieurs types d’interprétation. On remarquera dans le rôle de la vieille dame très digne, la doyenne des comédiennes hongroises, Margit Makay, alors âgée de plus de 80 ans. Ce rôle en or lui a valu des prix d’interprétation dans son pays. Mais il faut aussi signaler la très belle qualité de la photographie et le rouge profond des velours. Le film a été un succès considérable en Hongrie la vidéo vous offre ici l’occasion de découvrir de façon plaisante le cinéma d’un pays qui donne plus souvent dans la lourde fable sociale que dans l’aimable comédie.

L’agression

L'agressionUn brave cadre parisien dans sa belle voiture, part en vacances avec épouse et fillette de dix ans. Un groupe de motards, une altercation, un geste malheureux, une poursuite et l’accident ! Lorsqu’il revient à lui, le gentil bourgeois retrouve femme et fille mortes, violées ! Devant l’inefficacité de la police, il décide de faire justice lui-même. Sa belle-sœur l’accompagne. Blonde, belle, provocante et lucide… c’est Catherine Deneuve. Elle suit ce père tranquille qui a acheté un fusil pour éliminer ceux qu’il croit être les meurtriers de sa famille. Elle le voit s’acoquiner avec un serveur de restoroute, magouilleur et vulgaire… Claude Brasseur inquiétant à souhait. Elle se trouve entraînée dans un cauchemar d’abjection, de sang et de mort. Elle comprend enfin que les apparences peuvent être trompeuses et que les masques sociaux, qu’elle a toujours appris à porter avec grâce, peuvent soudain peser très lourd. Gérard Pires situe sa « série noire », cc-adaptée par Jean Patrick Manchette d’un roman anglo-saxon, dans le décor inhumain de l’autoroute. Dans ce lieu invivable où l’on passe en vitesse, les hommes révèlent un drôle de visage : intolérance, violence, bestialité… La peinture de Gérard Pires est du vitriol à l’état pur. Et la seule fleur dans cet enfer s’appelle Catherine Deneuve.

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