L’année de tous les dangers

L'année de tous les dangersA-t-on le droit de diffuser une information au risque de perdre ses amis ? C’est la question déontologique du journalisme que pose ce film. 1965. En Indonésie, les communistes préparent un coup d’état. Encore un dieu pour son peuple, le président Soekarno, lors d’un discours historique, déclare que cette année sera « l’année de tous les dangers ». Débarque à Djakarta un jeune journaliste australien, venu ici pour couvrir les événements politiques. Il joue tout sur sa carrière et ne cherche qu’une seule chose, le scoop. Voilà ce qui motive ce journaliste ambitieux. Entrent alors en scène un cameraman asiatique, un nain, qui lui servira de guide. Il lui présente une ravissante attachée d’ambassade anglaise, qui ne voudrait pas se compliquer la vie pour les quelques jours qu’il lui reste à passer en Asie. Ensemble, c’est une histoire d’amour pratiquement impossible qu’ils vont vivre dans la tourmente qui les entoure leur promenade sentimentale en voiture après le couvre-feu sera bercée par… le crépitement des mitraillettes ! Des bars des grands hôtels où se fait l’information de la plupart des correspondants de guerre, le film nous entraîne aux admirables rizières cultivées en terrasses, sur les hauteurs de Java. Le réalisateur Peter Weir est, avec son compatriote George Miller (« Mad Max I et II »), le promoteur de la nouvelle génération du cinéma australien. Ici la tension monte progressivement et la violence est longtemps feutrée avant d’éclater dans les manifestations spontanées, en fait soigneusement organisées. Conçu pour l’écran large et le Dolby stéréo, le film perdra sans doute de sa force en passant sur votre petit écran, mais ce n’est pas une raison pour vous en priver.

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