La femme aux enchères

Merci la vidéo qui nous permet de découvrir les inédits ! Cette « Femme aux enchères » a pour _ titre original « Attenti il buffone » et est réalisé par un romancier-cinéaste dont on n’a vu qu’un seul film en France « La califfa » avec Romy Schneider. Bevilacqua n’est pas un grand cinéaste. Il manie mieux les mots que l’image. Mais il a une sensibilité de conteur très originale. « La femme aux enchères » mélange avec finesse la comédie et le drame, la tendresse et la férocité. Un violoniste de concert rentre chez lui pour découvrir que son épouse a quitté le domicile conjugal avec ses deux enfants. Elle s’est installée chez son amant, un homme plus âgé, mais plus riche et plus puissant. Le musicien se rend dans la somptueuse demeure où il est attendu, pour annuler le mariage. Par la douceur et la dérision, il fait face à la situation en jouant les bouffons et se livre à un subtil travail de sape dont le couple ne va pas sortir indemne. Bevilacqua se tient en équilibre à la limite de la farce grotesque, sans jamais y déraper. Mais, au passage, il égratigne la haute bourgeoisie, l’église et la gloriole militaire. Ehi Walach en ganache démasquée, Manfredi en douloureux ironique et Mariangela Melato en femme prise entre deux hommes donnent toute sa conviction au film. Il reste sûrement dans les tiroirs des producteurs italiens des comédies (douces-amères ou franchement comiques) aussi honorables que celle-ci. Alors ? Un des autres avantages de « La femme aux enchères » est de nous confirmer un talent connu, mais… pas assez « re »connu celui de Nino Manfredi, acteur avec qui la comédie italienne paraît toujours un peu plus que ce qu’elle a l’ambition d’être, et cinéaste (il a deux réalisations à son actif) au regard insolite et attachant.

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