Jean-Philippe Charbonnier et Henry Ray

Le 28 mai dernier, un des derniers grands représentants du reportage français des années 50 est décédé. Son nom ne dira peut-être pas grand-chose à un public jeune, mais Jean-Philippe Charbonnier était bien l’égal des Boubat, RoDis, Izis ou Doisneau. Il a fait partie de la fameuse équipe des reporters qui travaillait pour le magazine Réalités et fut aussi le mari d’Agathe Gaillard, la « pionnière » des galeristes photo françaises. Dans les années 70, il fut même bien plus célébré que certains grands noms d’aujourd’hui … avant de connaître une éclipse « médiatique », sans doute due, en partie, à son caractère tempétueux ! Il avait 82 ans et nul doute qu’un jour son œuvre sera réévaluée et « redécouverte » !

Autre disparition d’un auteur discret mais important de la photo n & b : Henry Ray. A 48 ans de vie à peine, dont vingt-cinq ans d’images, Thierry Ray, qui préférait le prénom d’Henry, a arrêté son errance sud-américaine. Né en 1956, cet autodidacte a commencé à photographier au Brésil à la fin des années 1970, dans un esprit que n’aurait pas renié Jorge Amado, dont il a illustré le roman « Capitaine des sables ». Habité par l’océan, hanté presque par les gens de peu dont il a croisé le destin, il nous laisse sur l’Amazonie, où il aurait tant voulu retourner, seul et à la voile sur un bateau restauré de ses mains, une œuvre poignante, couronnée en 1996 par la Fondation CCF pour la Photographie.

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