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mar 09

Intuitif, il sait très tôt qu’il réussira.

D’autant qu’en plus de tous ses malheurs, le pauvre est radicalement dyslexique, ce qui ne va pas faciliter son insertion. Il va donc errer de petits boulots, en jobs éphémères, et connaître les joies de la vie de pompiste ou les vissicitudes du manutentionnaire. Mais ce qui va sortir ce jeune ado fragile du marasme infernal dans lequel il patauge, c’est son amour immodéré pour les femmes. «Elles ont toujours été importantes à mes yeux. Grâce à ma mère et à mes trois sœurs, j’ai découvert qu’elles étaient plus sensibles que les hommes». On. le constate, le fait de ne pas distinguer sa droite de sa gauche ne l’empêche pas d’émettre des réflexions frappées au coin du bon sens. Mais sa passion pour le sexe faible ne l’empêche pas de cultiver une admiration sans bornes pour le jeune Robert de Niro et le vétéran Mar Ion Brando. Cet intuitif dans l’âme — forcément, il est natif du Cancer — est déjà persuadé qu’un jour, il deviendra leur égal_ Nous sommes alors en 1980, et mu par le virus d’apprenti star, Tom Cruise décide de monter à New York_ Il a alors dix-huit ans_ Il dispose d’un petit pécule, et il court la ville pour décrocher le rôle qui le fera connaître. Il passe sa première audition avec Franco Zeffi-relui qui prépare (Un amour infini» avec Brooke Shields. Le réalisateur l’engage pour quelques jours. Il n’a que quelques répliques à dire, et il s’en sort fort bien. Le film rapportera globalement plus de 80 millions de dollars. Mais cette première expérience ne le satisfait pas pleinement. Il se rend alors à l’audition de «Taps». «Je pense que « Taps » a marqué le début de ma carrière. A l’époque, on ne pouvait vraiment pas miser un dollar sur mon nom… J’ai fait une lecture pour « Taps » d’Harold Becker, et avant de savoir si j’avais le rôle, j’étais assez content de ce rendez-vous. Ensuite, j’ai rencontré le producteur et le metteur en scène. L’audition a duré deux minutes. Le genre ‘Vous passez la main dans vos cheveux et vous lisez cette ligne ». Ce fut tout…» En fait, c’est le début. Quelques heures plus tard, son impresario le rappelle pour lui dire «Tu as le rôle !». On imagine sans peine l’état de surexcitation du jeune homme, d’autant que pour ce coup d’essai, il a pour partenaire Sean Penn et Timothy Hutton. «J’ai appris beaucoup en faisant ce film. J’ai compris que tout le monde n’était pas capable de faire de bons films et qu’il me faudrait donc apprendre à survivre dans ce milieu et à ne pas me laisser dévorer. Je savais que les films que je voulais faire dorénavant devraient être réalisés par les meilleurs». Cependant,il tombe assez vite en désaccord avec son impresario, qui ne répond plus à son attente. Après une période assez peu glorieuse qui va durer deux ans, il entend parler d’une audition pour «Outsiders», le film que Coppola se prépare à tourner. Sa détermination plaît au réalisateur, qui décide de l’engager. Dans le même temps, il auditionne pour «Risky business», le film de Paul Beickman, sans savoir qu’il va décrocher là son premier grand rôle. Tout le monde se souvient de la fameuse séquence où Cruise le tour du salon en dansant telle une rock-star. Il ajoute à sa faculté innée et animale de rentrer dans un personnage un réel talent de danseur. «Pendant mon adolescence le grand truc, c’était «Saturday night fever» etles boites. Mais si vous ne saviez pas danser, pas moyen d’inviter les filles. Vous passiez pour un con. Toutes les filles aimaient aller danser le samedi soir. Donc, j’avais l’habitude de regarder les danses qu’on voyait à la télé, et je m’entraînais. J’ai appris à danser tout seul. Je m’en sortais bien. Je faisais le robot, la toupie, et des trucs de ce genre.» La personnalité de l’acteur s’affine, se modèle et se façonne. A son tour, le réalisateur Ridley Scott est séduit par ce garçon si particulier, si peu ordinaire. Il lui confie le rôle essentiel de son film «Legend». Et ce bonheur du ciel faillit coûter la vie au comédien. En effet, le 27 juin 1984, à 13 h 45 précisément, un gigantesque incendie ravage entièrement le «plateau James Bond» pendant le tournage de «L’espion qui m’aimait». Selon des témoins, des flammes s’élevaient à plus de 30 mètres et la fumée était visible à 8 kilomètres à la ronde. Malgré l’intervention de plus de 100 pompiers, la totalité du bâtiment a été détruite. Heureusement, au moment du drame, toute l’équipe technique et les acteurs étaient en train de déjeuner, et tout le monde en fut quitte pour la peur.

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